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Pourquoi faut-il réduire notre consommation de viande ?

De l'intérêt de changer nos habitudes alimentaires.

Publié le 13/09/2018 à 08:22
La viande est une source de protéines louangée parce qu’elle contient tous les acides aminés essentiels de même que les rares vitamines B3, B6 et B12.

Dans l’alimentation, la viande passe pour être la bonne portion du repas, celle que tout le monde voudrait se réserver. Nous consommons globalement en France bien plus de viande que nos aïeux, environ deux fois plus de viande que nos grands-parents et 3 fois plus que nos arrières-grands-parents. Notre consommation de viande aurait ainsi augmenté précisément de 43% en 60 ans.
 
La médecine ne cesse pourtant au fil de ces dernières années de nous mettre en garde contre les ravages sur notre santé de ce qu’il convient d’appeler une surconsommation de viande. Au-delà de notre personne, notre nouveau mode de consommation hypothèque l’héritage environnemental à laisser à nos enfants. C’est dire que nous avons des raisons multiples de réduire notre consommation.
 
Moins de viande : un impératif de santé

Cancer colorectal, cancer de la prostate ou encore cancer du pancréas sont entre autres les maladies épinglées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, et dont les risques de prévalence seraient accrus par la consommation de viandes rouge et même de charcuteries. Pour l’OMS, la viande rouge à l’exception de la volaille, est considérée comme “potentiellement cancérogène” alors que la viande transformée est, elle, reconnue officiellement depuis octobre 2015 par l’organisation comme étant cancérogène. Dans les faits, "Le risque de cancer colorectal pourrait augmenter de 17% pour chaque portion de 100 grammes de viande consommée par jour", soutient le CIRC.

Outre le cancer, le régime carné serait responsable également de troubles cardio-vasculaires, de diabète de type 2 et de l’obésité. L’implication de cette consommation sur la santé constitue l’un des arguments les plus pertinents à son recul.

La viande connaît, malgré les chiffres ci-dessus avancés, un sensible recul ces dernières années en France. En effet, d’après une étude portant sur la consommation d’aliments d’origine animale, la viande ne constituerait en 2017, plus que 30,4 % de nos apports hebdomadaires contre 31,1% en 2014. Déjà, de nombreux régimes intègrent cette diminution.
 
Moins de viande, pour un environnement et des ressources plus durables

Le coût environnemental de la consommation de la viande est des plus préoccupants. En 2013, l’ONU évaluait à 15% la part des émissions de gaz à effet de serre (GES) dû aux élevages, 50% de la production annuelle cumulée de méthane, de CO2 et d’azote de même que 9,5% des émissions de GES soit plus que l’impact des transports. Ces émissions seraient exclusivement dues à la production de bovins. Pire, 70% des terres agricoles serviraient à nourrir non les hommes, mais exclusivement les 66 milliards d’animaux de bétail ; et pour produire 1 kg de viande, il faudrait nourrir les animaux de 7 à 12 kg de protéines végétales.

Si aujourd’hui, la terre peine à soutenir cet usage irraisonné des ressources, il y a lieu de s’inquiéter du lendemain puisque la population devrait passer de 7 milliards à 9 milliards à l’horizon 2050, avec les projections d’une consommation de viande qui devrait croître de plus de 30%.
 
Recommandations

Malgré l’importance nutritionnelle de la viande, les spécialistes de la nutrition s’accordent aujourd’hui en raison des problèmes liés à sa consommation pour en recommander la limitation. La prestigieuse université américaine de Harvard recommande une consommation journalière de 90g/jr contre les 180g/jr actuels.


Celles et ceux qui consomment des repas hyperprotéinés, que ce soit pour la prise de muscles ou la perte de poids, peuvent opter, partiellement ou intégralement, pour une diète à base de protéines végétales.

Le graphe ci-dessous est un récapitulatif sommaire des besoins en vitamines B12 et des apports raisonnés que nous pourrions tirer de la viande.


Source :
(1) AFSSA - CNERNA - CNRS - Apports nutritionnels conseillés pour la population française.
 
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