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Les effectifs féminins dans les formations et les métiers d’ingénieur-e-s

Une progression similaire dans les formations du public et du privé

Publié le 14/04/2016 à 07:25

L’évolution des effectifs féminins dans les formations et les métiers d’ingénieur-e-s est une préoccupation constante de la CDEFI, au regard de ses missions de défense des valeurs d’ouverture sociale, de diversité et d’égalité des chances. Le mois de mars est marqué par la Journée internationale des droits des femmes. Aussi, à l’occasion de la clôture de son concours Ingénieuses 2016, destiné à lutter contre les stéréotypes liés au genre et à promouvoir l’égalité femmes-hommes, la CDEFI a souhaité se pencher sur la proportion de femmes dans les écoles d’ingénieur-e-s ainsi que sur la progression du nombre d’ingénieures.
 

Les statistiques présentées ici sont issues, d’une part, des données de la Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques (SIES)1, et, d’autre part, de la dernière enquête nationale sur les ingénieur-e-s diplômé-e-s publiée par IESF2.


1. Effectif d’élèves-ingénieures en 2014-2015


Les statistiques publiées par la SIES révèlent que les femmes représentent 28,4 % de l’effectif total d’élèves-ingénieure-s en 2014-2015, toutes typologies d’écoles confondues, avec 36 857 étudiantes inscrites (Figure1). Il s’agit d’une progression de l’effectif féminin de 3,2% comparativement à l’année académique 2012-2013.


Le taux de féminisation le plus élevé est celui retrouvé au sein des écoles publiques dépendant d’un ministère technique ou d’une collectivité locale, avec 34,7 % de femmes parmi l’effectif étudiant recensé. La proportion de femmes dans les écoles publiques relevant du MENESR ainsi que dans les écoles privées est relativement similaire, avec respectivement un taux de 27,2% et de 27,3%.
 

2. Evolution de l’effectif d’élèves-ingénieures depuis 1990-1991


Les effectifs féminins en formation d’ingénieur-e-s ont enregistré une hausse en nombre de13,3 % au cours des cinq dernières années académiques, de 42,2 % lors des dix dernières années et de 222 % en 25 ans, si l’on compare les données actuelles avec celles de 1990-1991 (Figure1).
 

La proportion de femmes parmi l’effectif d’élèves-ingénieur-e-s est également en augmentation continue, mais reste plus modérée. Pour l’année académique 1990-1991, la part de femmes parmi les élèves-ingénieur-e-s était de 19,9 %. En 25 ans, ce taux a donc augmenté de 43 %. En se référant aux dix dernières années académiques, la progression du taux de féminisation au sein de l’effectif étudiant est ainsi de 13,4 % et ce taux a augmenté de 3,3 % lorsque l’on se limite aux cinq dernières années.
 


 

3. Les élèves-ingénieures de nationalité étrangère en 2014-2015

Parmi les 36 857 élèves-ingénieures recensées sur l’année académique 2014-2015, 5 962 (soit près de 16,2 %) sont des femmes de nationalité étrangère. La proportion est donc plus importante que celle retrouvée chez les hommes, avec 13,5 % d’étudiants de nationalité étrangère sur un effectif masculin de 93 146 élèves-ingénieurs.
 

4. Proportion de femmes parmi les boursiers en écoles d’ingénieurs


Les données issues des fichiers de l’application AGLAE (Automatisation de la gestion du logement et de l’aide à étudiant) publiées en septembre 20156 recensent 8 292 étudiantes inscrites en formation d’ingénieur-e-s bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux. Il s’agit de 25,5% des bourses attribuées dans les écoles d’ingénieurs cette année.


En considérant le nombre total d’étudiantes recensées pour cette même année et en tenant compte des élèves ingénieures qui ne peuvent pas prétendre à une bourse sur critères sociaux (telles que les étudiantes de nationalité étrangère)7, plus d’une étudiante sur quatre est boursière sur critères sociaux ( 26,8%). Cette proportion est plus importante chez les hommes, avec plus de 30 % de boursiers recensés. 
 

5. Effectif féminin parmi la promotion de jeunes diplômé-e-s en 2014


En 2014, le nombre de nouvelles diplômées d’écoles d’ingénieur-e-s était de 9 617, ce qui correspond à 29,3 % de la totalité des élèves-ingénieur-e-s diplômé-e-s pour cette même année. Il s’agit d’une hausse de 4 % comparativement à l’année précédente (Figure2).
 

6. Evolution de la proportion de jeunes diplômées depuis 2010


Depuis 2010, soit au cours des cinq dernières années, les établissements ont montré une croissance du nombre d’ingénieures diplômées de plus de 21,6 %(Figure 2). Cette progression est le résultat du travail de promotion fait par les écoles elles-mêmes ainsi que les campagnes successives d’information et de promotion des études d’ingénieur-e-s auprès des jeunes filles lycéennes .

La part de femmes parmi les diplômé-e-s de chaque promotion est également en augmentation continue, avec une hausse enregistrée de 7,3 % au cours des cinq dernières années, passant de 27,3% d’une promotion de jeunes diplômé-e-s en 2010 à 29,3% en 2014.
 

7. Les femmes ingénieures dans leur profession


La dernière édition de l’enquête nationale sur les ingénieurs2 s’intéresse aux 845 000 ingénieur-e-s de moins de 65ans, recensé-e-s au début de l’année 2015 et diplômé-e-s d’une école française d’ingénieurs accréditée par la CTI. Les femmes représentent environ 22 % de cette population. Néanmoins, cette proportion est en progression continue. Ainsi, une femme de moins de 30 ans a treize fois plus de chances d’être ingénieure en 2014 que dans les années 80. Par comparaison, un homme a vu sa probabilité d’être ingénieur augmenter de « seulement » trois fois dans le même laps de temps.


Le taux de chômage est supérieur pour les femmes ingénieures que pour les hommes ingénieurs (5,5 % fin 2014, contre 4,1 %) mais il reste deux fois plus faible que celui de l’ensemble de la population active (10,4% selon l’INSEE10).


La présence des femmes est plus forte dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique et de l’enseignement, où elles représentent plus de 35%des ingénieur-e-s. Il faut noter que 92,7 % des femmes ingénieures sont en CDI (contre 86,5 % pour l’ensemble de la population active). De plus, 93,8% des ingénieures salariées sont cadres (contre 19,5% pour l’ensemble de la population active).

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