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Quelle place donner au code à l’école ?

Les avis divergent sur une question bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Publié le 27/02/2015 à 12:01

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, François Hollande a très nettement poussé son gouvernement à encourager le développement du numérique au sein du système scolaire. La concertation nationale sur le numérique à l’école, qui a été lancée le 20 janvier 2015, s’inscrit pleinement dans ce principe.

 

Comme le rapporte Marie Jamet, dans un article très complet publié sur Euronews, François Hollande a même précisé le 5 février dernier que « le numérique [serait] enseigné du primaire à la terminale ». Cependant, l’entrée du code à l’école continue de déclencher d’importantes polémiques.

 

L’ambition est de faire des enfants d’aujourd’hui les acteurs de demain dans un monde du tout numérique afin qu’ils ne soient pas simplement des consommateurs. Du côté du Syntec Numérique, association professionnelle regroupant 1500 entreprises de l’économie du numérique, on est bien sûr très favorable à l’enseignement du numérique à l’école, arguant en plus que la France souffre d’un déficit d’un personnel qualifié dans l’informatique.

 

Mais cette vision est battue en brèche, notamment par la MUNCI, association professionnelle des informaticiens qui s’appuie sur les chiffres de Pôle Emploi qui montrent que, même dans l’informatique, les profils les moins qualifiés doivent faire face au chômage.

 

Ensuite, le pseudo-code qui serait enseigné à l’école par des enseignants qui ne seraient pas experts de ce domaine donnerait une vision biaisée de cet univers aux élèves tout en les préparant mal à un avenir professionnel. Les logiciels et les principes même du code évoluent très rapidement, avec des lignes de code qui deviennent très vite obsolètes.

 

D’ailleurs l’école a-t-elle véritablement pour mission de se plier aux besoins des entreprises ? Ce n’est pas du tout la vision qu’en a Loys Bonod, professeur de lettres classiques et bloggeur. Le code, cela peut concerner certaines filières du lycée professionnel et pas beaucoup plus.  

 

Le code est en plus une entrée dans le numérique qui se fait par le petit bout de la lorgnette. Quant à l’intégration d’une véritable nouvelle matière, comme l’appelle de ses vœux le rapport Jules Ferry 3.0 du Conseil National Numérique (CNNum), avec la création d’un bac « Humanités numériques », disons qu’il n’existe pas aujourd’hui suffisamment de recul par rapport à des innovations qui s’accélèrent sans cesse.

 

Pour ce qui est des appels à projet qui se succèdent dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir, avec plusieurs millions d’euros à la clef (voir notre article), de nombreuses voix s’élèvent pour en dénoncer le coût avec l’émergence de projets utopistes, bien trop ambitieux pour pouvoir concrètement voir le jour dans l’ensemble des classes françaises.

 

Disons que les acteurs qui interviennent autour du dossier du numérique à l’école, comme le rappelle sur son blog Loys Bonod, sont tellement nombreux et venus de tous horizons, qu’il est difficile d’en faire émerger une logique et une ligne directrice qui soit cohérente et bien pensée pour organiser l’enseignement du futur. 

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Francisco Osorio)

extrait

Le numérique, une chance pour l'école ? Oui, assurément oui, mais à condition de savoir s'y prendre. Alors que désormais plus de 6 milliards d'êtres humains disposent d'un téléphone portable dont la puissance est supérieure à l'informatique qui a permis d'aller sur la lune, nous ne pouvons ignorer le saut technologique qui s'est produit au cours des vingt dernières années et, parallèlement, les attentes, les défis, mais aussi les opportunités qui s'offrent à l'école.

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Editeur : armand colin

Genre : pedagogie pour l'enseignement, concours professorat

Langue : français

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