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Réforme du collège : des tribunes comme s’il en pleuvait

Entre les « pour » et les « contre », il est difficile de trouver un terrain d’entente.

Publié le 09/06/2015 à 12:02

Ce jeudi 11 juin 2015 sera un nouveau jour de grève contre la réforme du collège à l’appel d’une intersyndicale composée du SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL-FAEN et SIES-FAEN (voir notre article). Mais, en attendant, les tensions demeurent entre ceux qui sont favorables à cette réforme et ceux qui s’y opposent.

 

C’est à coup de tribunes que les principales voix de chaque camp se font entendre. Le 16 avril dernier, L’Express avait publié un texte signé par Claire Krepper, secrétaire nationale du SE-UNSA, un syndicat favorable à la réforme.

 

Intitulée « Il faut réformer le collège parce qu’il est injuste et inefficace », cette tribune brossait tout d’abord un tableau noir de la situation actuelle. Un point sur lequel tout le monde est d’accord. Mais, si le constat est unanimement partagé, les solutions proposées sont en revanche souvent opposées. Pour le SE-UNSA, la réforme « redistribue les moyens consacrés à quelques-uns au bénéfice de tous les élèves ».

 

Mais dans une autre tribune, publiée toujours par L’Express, Frédérique Rollet, secrétaire générale du SNES, principal syndicat du secondaire, épinglait « une réforme du collège trompeuse et dangereuse », tout en demandant la reprise des discussions « car le fonctionnement inégalitaire du collège actuel ne peut nous satisfaire, pas plus qu'une réforme répondant essentiellement à des effets d'annonce, ignorant autant les travaux des chercheurs que le travail réel des enseignants. »

 

C’est bien dans ce cadre qu’un nouveau texte a été publié dans L’Express, et signé cette fois par de nombreux représentants syndicaux. Il s’agit de rappeler qu’ « On ne pourra pas réformer le collège sans l'adhésion des personnels ».

 

Les signataires de ce texte s’opposent à la position dans laquelle on semble vouloir enfermer les protestations de nombreux enseignants. Tous ceux qui s’opposent à la réforme ne sont pas pour autant opposés à une réforme.

 

« C'est justement parce que nous, enseignants, personnels de vie scolaire, d'orientation, personnels administratifs, personnels de direction et d'inspection, aspirons à des transformations capables de relever les défis de la démocratisation de la réussite scolaire que nous nous opposons à cette réforme du collège. Et cela devrait suffire à ce que notre opposition ne puisse être suspectée de conservatisme ou confondue avec celles guidées par d'autres motivations qui sont pourtant, d'évidence, si éloignées des nôtres. »

 

Et d’ajouter que « La qualité des services publics a un coût. On ne peut prôner une meilleure prise en compte de la situation de chaque élève quand les effectifs de toutes les classes continuent à croître. On ne peut prétendre améliorer la compétence professionnelle des personnels quand on a tant réduit leur formation continue. »

 

Loin d’une réforme qui s’inscrit essentiellement dans une logique de communication, les auteurs de cette tribune en appellent à des actes forts en faveur du collège pour véritablement changer la donne. Ils souhaitent tout simplement lever toute incompréhension sur les raisons qui poussent de nombreux enseignants du secondaire à s’opposer à la réforme proposée.

 

« La manifestation de leur opposition à cette réforme n'est pas le résultat d'une incompréhension et ne pourra être dissipée par l'effort pédagogique des cadres de l'Éducation nationale à expliquer les vertus des dispositions prises. Cette opposition s'ancre dans l'attachement aux valeurs républicaines. 

 

C'est parce qu'ils veulent une école égalitaire que les enseignants refusent une telle réforme. C'est aussi parce que leurs compétences professionnelles, pédagogiques et didactiques, les mettent en garde contre les illusions.

 

En s'opposant à la réforme du collège, ils ne font pas preuve de conservatisme, ils ne mêlent pas leurs voix à ceux dont les protestations sont guidées par des projets encore plus inégalitaires. Ils affirment les raisons fondamentales pour lesquelles ils ont choisi leur métier: contribuer à un service public d'Education capable de donner à toutes et tous une culture commune exigeante et ambitieuse. 

 

S'ils refusent cette réforme c'est parce qu'ils ont l'intime conviction qu'elle ne leur donnera pas les moyens réels de mieux exercer leurs missions. C'est cela qu'ils disent haut et fort en demandant l'abrogation du décret du 20 mai. Ne pas vouloir les entendre constituerait une erreur grave au moment où le constat de la nécessité d'une amélioration du collège est unanime. 

 

Les personnels ont l'ambition de donner à tous les élèves les savoirs nécessaires à la compréhension du monde et à l'exercice d'une citoyenneté libre et responsable. Mais ils ne pourront le faire sans un engagement politique déterminé à leur en donner les moyens. »

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Nitram242)

extrait

Dans l'esprit de ses promoteurs, le collège unique répondait à un double objectif : élever le niveau de culture et de formation de l'ensemble des jeunes durant leur période de scolarité obligatoire pour répondre aux besoins du pays ; favoriser la mixité sociale pour préparer les futurs citoyens à une vie commune démocratique.

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Genre : enseignement secondaire

Langue : français

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