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Défense et illustration de l’enseignement du latin

Un plaidoyer en faveur du latin.

Publié le 09/02/2015 à 08:10

Depuis plusieurs années, l’Education nationale peine à recruter de nouveaux enseignants de lettres classiques. Pourtant la demande des élèves au collège ne faiblit pas et il est souvent difficile pour les établissements d’y faire face dans le cadre d’un déficit croissant du nombre d’enseignants capables de proposer un apprentissage du latin. Mais cela ne doit pas être une porte ouverte en faveur de restrictions budgétaires autour de l’enseignement du latin.

 

Cette situation tire son origine du faible nombre d’étudiants dans la filière lettres classiques, et d’ailleurs, plus généralement, dans la filière lettres, car, en modernes aussi, la baisse des effectifs est considérable sur les vingt dernières années. Pourtant, l’enseignement du latin est essentiel dans notre société.

 

Afin d’en persuader ceux qui restent encore hésitants face à cette réalité, Anne-Cécile Schumitter, professeur de lettres classiques au collège de Fronton, en Haute-Garonne, vient de signer une tribune dans Libération. Avec un titre volontiers provocateur : « Latin : enseignement superflu pour jeunesse inculte ? » Et le problème soulevé, c’est la restriction budgétaire dont est victime l’enseignement du latin, partout dans l’Hexagone.

 

« La culture humaniste ressemble de nos jours aux airbags de nos voitures : cela nous rassure de savoir qu’elle est là, mais nous préférons si possible ne pas la voir de trop près. Ainsi, le latin est pris en option, par des élèves qui acceptent de commencer les cours plus tôt, de finir plus tard, de consacrer des heures de précieuse liberté dans une salle de classe en compagnie d’un professeur, ce qui, quand on a quatorze ans, ne fait pas vraiment rêver.

 

Pour autant, le nombre d’élèves latinistes ne diminue pas, bien au contraire : le nombre de professeurs de lettres classiques est ‘déficitaire’ et la fermeture des classes de latin n’est pas imputable au manque de volontaires mais à la restriction des moyens budgétaires.

 

Que font les latinistes durant ces nombreuses heures qui coûtent visiblement trop cher à l’Etat ? Quel enseignement superflu leur est prodigué ? Ils apprennent les forces et les faiblesses de la République, réfléchissent sur la politique expansionniste de l’Empire et les origines économiques des guerres, étudient la notion d’égalité entre les hommes chez Sénèque et la valeur de probité chez Cicéron. Ils comprennent que l’histoire est écrite par les vainqueurs, que les préjugés racistes et xénophobes existaient dans l’antiquité et n’avaient pas davantage de fondement qu’aujourd’hui. En réalité, ils forgent les armes intellectuelles des citoyens qu’ils seront demain.

 

Alors que l’importance de l’école est soulignée par tous nos politiques, il semblerait que les priorités dans les faits ne soient pas les mêmes que dans les mots. Continuons donc à fermer les classes de latin, en prétendant que la jeunesse d’aujourd’hui ne s’intéresse plus à rien, qu’elle est inculte, que ‘le niveau baisse’ : j’ai tous les jours devant moi des classes entières qui me prouvent que c’est faux. Cependant, si on lui refuse aujourd’hui un enseignement auquel les générations d’hier ont eu droit, cela finira par être vrai. Qui en assumera la responsabilité ? »

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Bert Kaufmann)

extrait

Notre langue non seulement vient du latin, mais contient un grand nombre de mots qui lui sont directement empruntés. Etienne Wolff a recensé plus de 1?000 mots et expressions dont il nous donne ici l'origine, l'histoire et la signification précise.

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Editeur : belin

Genre : français (langue)

Langue : français

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