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Que faire pour rendre le métier d’enseignant attractif ?

La question reste posée quand le gouvernement tente de recruter massivement.

Publié le 01/01/2015 à 08:30

Les 60 000 postes supplémentaires promis par le candidat François Hollande sur la durée de son quinquennat s’avèrent une promesse difficile à tenir face à la conjoncture. Pourtant, on pourrait la croire particulièrement favorable pour ouvrir les vannes du recrutement de nouveaux fonctionnaires alors que le chômage est au plus haut.

                       

Mais les résultats des dernières sessions des concours de recrutement d’enseignants, malgré quelques frémissements, ne montrent toujours pas un retour en grâce de cette profession. Si le salaire n’a jamais été élevé, ce qui fait dire à certains que ce n’est pas la cause du problème, le gel du point d’indice et l’absence de revalorisation commence à peser sur les personnels. D’autant plus quand il s’agit à présent de recruter à bac + 5 là où l’on ne demandait auparavant qu’une licence pour enseigner.

 

Intervenant sur Contrepoints, Vincent Feré, professeur agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris, donne sa vision de la crise actuelle tout en proposant quelques pistes pour changer la donne.

 

Selon M. Feré, « La Troisième République avait sacralisé l’école, en faisant un pilier du « modèle républicain » (S. Berstein). Elle portait ses valeurs et devait tenir ses promesses, notamment l’ascension des ‘couches sociales nouvelles’ chères à Gambetta, fils d’épicier devenu Président du Conseil. L’enseignant se voyait donc investi d’une haute mission, une mission sacrée en quelque sorte, pour laquelle, clerc laïc, il avait la vocation. La profession a ainsi eu son heure de gloire qui a duré jusqu’aux années soixante. »

 

Mais aujourd’hui, « Enseigner est ainsi devenu une profession comme les autres. Et à choisir, étant donné le niveau d’étude exigé et les salaires proposés, le symbolique ne compensant plus le matériel, la jeunesse préfère se tourner vers d’autres professions. »

 

Alors, pour remédier à cette situation, il faudrait profondément revoir le statut de cette profession : « À l’heure de la ‘discontinuité’ (Jean Viard), quel jeune a aujourd’hui envie de s’engager pour un emploi qui sera le même pendant 45 ans, avec un déroulement de carrière entièrement prédit par le concours qu’il a réussi – ou pas – à 20 ou 23 ans et pas du tout par son implication et ses réussites professionnelles.

 

Il faut sans doute changer le mode de recrutement et de formation des enseignants ; il faut sûrement revoir entièrement les conditions d’exercice de leur métier et leurs perspectives de carrière, n’en déplaise aux conservatismes syndicaux. »

 

Cependant, on ne peut pas dire que la dernière réforme par Vincent Peillon des fameux décrets de 1950 régissant le statut des enseignants, notamment dans le secondaire, ait véritablement révolutionné ce métier…

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Todd Petrie)

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extrait

Qu'elle est difficile, l'entrée dans le métier d'enseignant ! Découvrir la pédagogie, rencontrer ses collègues, ses élèves, ses tuteurs...

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Editeur : harmattan

Genre : enseignants

Langue : français

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