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Le manuel scolaire : un outil pour réconcilier école et entreprise ?

Quelles pistes à suivre pour rapprocher l’économie réelle et l’éducation ?

Publié le 19/12/2014 à 10:15

L’inculture économique des Français est un problème récurrent qui n’est pourtant pas encore en passe d’être résolu. Pourtant, quand on réalise des sondages, il y a un désir réel dans la population d’en savoir davantage sur le fonctionnement de l’économie.

 

Mais, depuis des décennies, l’école s’est souvent construite en opposition avec le monde de l’entreprise et même si ces dernières années un travail de rapprochement s’est mis en place, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour réconcilier deux univers qui continuent de se regarder souvent avec défiance.

 

Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales (IREF), constatait dernièrement dans le Figaro que dans l’Hexagone, un Français sur trois serait prêt à créer son entreprise. C’est un sur deux en Angleterre.

 

De même quand on observe le classement des personnalités préférées des Français, on n’y trouve pas de chefs d’entreprise mais surtout des célébrités du monde du sport, des médias ou des comédiens et des chanteurs. Il en va autrement aux Etats-Unis, où l’on retrouve dans ces classements des Steve Jobs et autres Bill Gates ou Ted Turner.

 

Pour Nicolas Lecaussin, il en ressort que « d’un côté, la réussite se confond avec le travail et l'entreprise, de l'autre, elle n'est synonyme que d'un talent sportif, ou d'un talent comique. »

 

Mais cette problématique ne trouverait-elle pas sa racine dans les manuels scolaires et la façon dont l’économie est enseignée au lycée ? C’est le point de vue que développe dans Contrepoints Jean-Baptiste Noé, docteur en histoire économique, historien, et professeur au lycée Hautefeuille.

 

Quand on épluche les manuels scolaires, selon lui, « L’économie est foncièrement présentée de façon négative, les cycles ne vont que de crise en crise, les inégalités augmentent, la pauvreté n’est jamais résolue.

 

À aucun moment n’est mentionné de façon positive les progrès matériels de l’homme durant les deux derniers siècles, le rôle prépondérant de l’esprit d’initiative, les risques et les dangers encourus par les entrepreneurs dans leur métier. Les manuels ne sont plus marxistes, mais une espèce de vernis lugubre et malsain demeure, qui empêche de voir l’entreprise et le progrès économique sous un jour autre que dangereux. »

 

Lorsque le travail à la chaîne est abordé, on présente une photographie des Temps Modernes. C’est souvent ce qui préside à la description des situations économiques : on semble préférer la caricature à l’analyse rigoureuse et pointue, montrant les apports positifs et les contrepoints négatifs.

 

Mais ces choix faits par les éditeurs de manuels scolaires seraient loin d’être neutres, selon Jean-Baptiste Noé : « les éditeurs agissent eux-mêmes en capitalistes. Ils savent que la population professorale, tant en histoire qu’en économie, est majoritairement composée de personnes hostiles à l’économie de marché et à l’entreprise. Les manuels répondent à la demande du client, ne leur en demandons pas trop : des manuels libéraux ne se vendraient pas assez. » Et de s’interroger sur la suite : « Un éditeur aura-t-il un jour le courage d’en proposer un, quitte à ce que celui-ci lui fasse perdre de l’argent ? »

 

Etudiant un manuel SES (Sciences économiques et sociales) de 1re (chez Hatier), Nicolas Lecaussin constate de son côté que les citations de la revue Alternatives Economiques sont récurrentes. C’est le rôle de l’Etat qui ressort clairement comme connoté positivement. De son côté, l’entreprise reste présentée comme un lieu de souffrance et d’aliénation. Et l’on oublie au passage qu’elle contribue aussi à créer de la richesse.

 

Pour Nicolas Lecaussin, « Alors que le taux de chômage des jeunes bat des records en France, l'entreprise et l'entrepreneur restent les mal-aimés des manuels d'économie français. Il ne s'agirait pas de faire l'apologie du libéralisme économique, mais seulement d'inciter les élèves à aimer l'entreprise. »

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Telecom Bretagne)

extrait

La présente édition offre une nouvelle traduction de l'oeuvre majeure de David Ricardo (1772-1823), "Des principes de l'économie politique et de l'impôt" dans sa version remaniée de 1821. Elle lui ajoute une sélection des notes de Jean-Baptiste Say qui avaient accompagné la première traduction française de 1819.Cette oeuvre majeure de la pensée économique traite de la valeur et de la répartition du produit national, du commerce international, de la monnaie et de la banque, de l'impôt et l'emprunt.

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Editeur : flammarion

Genre : economie

Langue : français

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