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SOS Education s’adonne à la caricature pour demander le soutien de ses adhérents

Il s’agit de récolter des fonds pour faire vivre cette association.

Publié le 17/12/2014 à 08:21

Dans sa dernière intervention adressée aux 60 000 membres et aux 200 000 sympathisants de SOS Éducation, le responsable de cette structure, Antoine Blondel, n’hésite pas à donner dans la caricature des travers actuels de l’Education nationale.

 

Mais, qu’on se rassure, c’est pour la bonne cause. Il s’agit de faire appel à la générosité des adhérents et sympathisants afin d’alimenter les compte de cette association, en rappelant qu’il est possible de défiscaliser 66 % du montant des dons réalisés, SOS Education étant reconnue d’intérêt général.

 

Selon Antoine Blondel, « les projets du Ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem restent extrêmement inquiétants : suppression des notes, des bourses au mérite, des internats d'excellence, interdiction du redoublement, réécriture biaisée des programmes, multiplication des « sensibilisations » idéologiques au détriment de la transmission des savoirs fondamentaux... et je ne parle pas de ses propositions en matière de statut des professeurs et des établissements, qui ne sont rien de moins que des capitulations honteuses face aux syndicats d'enseignants. […]

 

Les derniers résultats de l'enquête PISA, réalisée par l'OCDE, révèlent un recul brutal de nos élèves en français et en mathématiques. Ils passent à la 25ème place des pays développés.

20% des élèves français entrant en 6ème sont en situation d'illettrisme. En mathématiques, les résultats sont plus inquiétants encore, avec 30% des élèves qui ne possèdent pas les savoirs de base. Toujours selon l'OCDE, des pays plus performants que nous dépensent beaucoup moins pour leur école. La Corée et la Finlande, qui raflent les meilleures places dans toutes les matières, dépensent respectivement 20% et 6% de moins que la France, par élève et par an.

 

Faut-il s'en étonner ? Notre système éducatif est, depuis 40 ans, sous la coupe de syndicats, dont le but est précisément d'extorquer chaque année des augmentations budgétaires, et de se livrer à des expérimentations idéologiques sur le dos de nos jeunes. Ce sont eux qui sont les premiers responsables de l'état actuel de l'école.

 

Cette école où on apprend souvent à nos enfants le contraire de ce qu'on leur dit à la maison, où bien des fois on leur brouille la tête avec des méthodes pédagogiques hasardeuses et où on veut les forcer à entrer tous dans le même moule.

 

Combien de fois ai-je entendu des parents pester et réagir vivement en voyant leurs bambins s'empêtrer dans la méthode de lecture globale ? Ou ramener des questions suspectes la maison... Sans parler des contrevérités ou déformations dans les livres de classe, parfois écrits dans un jargon incompréhensible. Sans parler des professeurs des écoles recrutés à 4/20 de moyenne au concours, qui ne connaissent pas leur langue et font des fautes d'orthographe à la pelle...

 

Nos enfants ont-ils vraiment besoin de ça, eux qui subissent déjà souvent l'influence d'émissions douteuses à la télévision, de contenus stupides sur internet, et maintenant ces tablettes numériques introduites à grands frais dans toutes les salles de classe ?

 

Bien sûr, de nombreux directeurs et professeurs essayent de résister. Mais que peuvent-ils, encadrés comme ils le sont par le système et les circulaires de l'Éducation nationale, qui ne cessent d'empiler les réformes absurdes et prétendent régler leur travail dans les moindres détails ?

 

Et je ne parle pas des problèmes de violence, que les pédagogistes s'acharnent à ne PAS combattre, par refus de l'autorité. Je crois qu'on a oublié que les enfants sont fragiles et que l'autorité, cela sert d'abord à les protéger. Que la discipline, cela sert surtout à leur donner confiance en eux-mêmes. Qu'il n'y a pas d'éducation sans sécurité.

 

Moyennant quoi, nous continuons à dépenser des sommes extravagantes pour une école qui s'effondre. Et à quoi servent, au juste, ces 65 milliards d'euros que nous consacrons chaque année à l'Éducation nationale ?

 

- A appointer les 500 000 personnels non enseignants qui pullulent dans les bureaux des rectorats, des académies et des services administratifs du système éducatif ;

- A payer les milliers et les milliers de professeurs sans affectation, qui restent chez eux toute l'année à se tourner les pouces, le plus souvent bien malgré eux ;

- A entretenir les 8000 enseignants mis à disposition des syndicats, qui ne voient plus un élève depuis des années mais qu'on retrouve dans tous les défilés ;

- A arroser les myriades d'associations et de groupes de pression subventionnés par l'Éducation nationale. Elles avaient gratté plus de 140 millions d'euros en 2011, et la fameuse réforme « des rythmes scolaires » va faire exploser la facture.

 

C'est ainsi que, sans aucun appui du grand public, ces associations, adossées à des lobbies sordides, font pression, tirent la couverture à elles et imposent leurs idées contraires à celles de la majorité des citoyens.

 

Et qui s'en étonne, qui le dénonce, qui ose protester ? Vous et moi, avec les 60 000 membres et 200 000 sympathisants de SOS Éducation. Jamais la presse, ni les hommes politiques, ni même les Fédérations de parents d'élèves, n'en parlent.

 

C'est pourtant un problème qui nous concerne tous : parents, grands-parents, enseignants, mais aussi toutes les personnes qui tiennent à ce que notre pays reste debout. Qu'il dispose, demain, d'une jeune génération capable de prendre la relève.

 

C'est pourquoi il est capital d'étoffer notre mouvement et de gagner en puissance pour peser plus lourd dans le débat public. Surtout que les enjeux de l'année 2015 sont ENORMES, avec la réforme territoriale qui peut permettre de redéfinir l'organisation du système éducatif.

 

Nous allons devoir mettre tout notre poids dans la balance pour contrer les idéologues aux manettes du Ministère, et avancer des propositions qui permettront enfin aux acteurs de terrain de prendre leurs responsabilités :

 

- Par le recentrage sur la transmission des fondamentaux, avec une vraie évaluation et des résultats transparents au niveau de chaque établissement

- Par la restauration de l'autorité des professeurs, indispensable pour mettre fin aux comportements inacceptables qui se répandent dans les lycées et collèges

- Par l'autonomie croissante des futures grandes académies et des établissements, au niveau de la gestion des budgets et des personnels, afin de mettre un terme au gâchis et de rendre enfin la dépense publique utile pour tirer tous les élèves vers le haut.

 

Face à la grande misère de notre école, rien ne nous oblige à rester passifs. Au contraire, avec SOS Éducation, nous avons l'occasion d'agir efficacement, dans le cadre d'actions ciblées, organisées à l'échelle locale et nationale. »

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Max Wolfe)

auteur

   

extrait

Le mouvement des enseignants désobéisseurs, qui a surgi à l'automne 2008, est totalement inédit dans sa forme comme dans sa dimension. Tout est parti de la lettre d'Alain Refalo, adressée à son inspecteur et intitulée En conscience, je refuse d'obéir! Comme secoués par un électrochoc, des milliers de professeurs des écoles ont, à leur tour, informé leur hiérarchie par voie de lettres, personnelles ou collectives, qu'ils entraient en désobéissance ouverte contre des réformes néfastes et qu'ils en assumaient les conséquences

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Editeur : des ilots de resistance

Genre : enseignement

Langue : français

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