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Décrochage scolaire : un vaste plan qui peine à convaincre

Najat Vallaud-Belkacem enchaîne les annonces.

Publié le 24/11/2014 à 02:14

La ministre de l’Education nationale n’arrête pas. Elle semble être sur tous les fronts à la fois. Un jour, c’est la Seine-Saint-Denis, un autre, c’est le collège sans notes. Juste quelques minutes pour se poser autour d’un « café des parents ». De cette agitation, il peine à ressortir de grandes annonces.

 

L’ensemble perd en lisibilité et le grand plan qui vient d’être dévoilé pour lutter contre le décrochage scolaire semble faire un flop dès son lancement même. Pourtant ce dernier reposait beaucoup sur de la communication.

 

Il s’agissait de tenter de mettre en œuvre en France les méthodes appliquées depuis des années au Québec. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est toute la société civile qui se mobilise pour venir en aide aux décrocheurs et cette myriade d’initiatives a contribué à de nombreuses réussites.

 

Lors de la présentation de la version française de ce plan, vendredi, le premier ministre Manuel Valls était aussi de la partie pour développer trois axes : la mobilisation de tous, le choix de la prévention, et une nouvelle chance pour se qualifier.

 

Mais, quand on analyse le dossier de ce plan, rien de bien nouveau sous le soleil, à part quelques oublis fâcheux. Ainsi des collectivités locales, dont le rôle est pourtant primordial.

 

 

On retrouve de belles infographies mises en avant par le ministère de l’Education nationale mais il est bien difficile d’en tirer quelque chose qui ne se réduise pas à une action de communication. Or, dans ce domaine, le Québec avait frappé très fort, à coup de campagnes de publicité pour mobiliser toute la société. Il fallait faire prendre conscience du coût économique et social du décrochage scolaire.

 

Chômage et délinquance étaient présentés comme deux issues fréquentes de ce fléau. Il apparaît donc comme nécessaire, en amont, d’adopter un regard très positif sur l’école et de surveiller autour de soi le parcours de chaque enfant afin de le pousser à continuer son cursus scolaire. Le résultat de cette politique qui s’affichait avec des slogans tels que « L’école, j’y tiens ! » : l’abandon scolaire est passé de 24 % en 1996 à 12 % en 2013.

 

Un rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale sur le décrochage de 2013 résume bien les raisons de ce succès : « La forte décentralisation de l’administration scolaire et la large autonomie laissée aux établissements pour trouver localement les solutions sont considérées comme éléments contribuant à l’amélioration des résultats. L’ancrage territorial des interventions et la volonté de ne pas limiter ni l’analyse ni la ou les actions aux découpages strictement scolaires renforcent l’efficacité. »

 

Voilà précisément tout l’inverse de ce qui se fait traditionnellement en France. Et la mise en oeuvre de cet enième plan de lutte contre le décrochage en semble être une parfaite illustration.

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Kristian D.C. Hoeppner)

extrait

" On dit trop souvent d'un élève qu'il échoue parce qu'il n'est pas motivé, alors que, dans la plupart des cas, il n'est pas motivé simplement parce qu'on n'a pas su le faire réussir. " (Philippe Meirieu) Transformer la spirale stérile de l'échec en cercle vertueux, telle est la gageure. Cette enquête nous apprend concrètement comment détecter les premiers signes de perte d'intérêt, comment aider et prévenir dès les prémisses du décrochage. Quels sont les recours possibles dans et hors les murs de l'école ? Ce guide

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Editeur : autrement

Genre : pedagogie pour l'enseignement, concours professorat

Langue : français

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