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Les business schools à la française : un système fragile pour l’Institut Montaigne

Une solution serait d’adosser ces écoles supérieures aux universités.

Publié le 13/11/2014 à 09:14

L’Institut Montaigne, think tank fondé en 2000 par Claude Bébéar, vient de présenter un rapport sur la situation des business schools à la françaises. Ces écoles supérieures de commerce devraient se rapprocher des universités afin de mieux se renforcer pour tenir leur rang et faire face à la concurrence internationale, selon les auteurs du rapport, Edouard Husson, ex-directeur de l’ESCP Europe et Jean-Michel Huet, associé de BearingPoint, cabinet de conseil européen. Aujourd'hui, les business schools accueillent 18 % de boursiers contre 35,2 % pour les universités. 

 

L'Institut Montaigne poursuit les réflexions engagées dès sa création pour le rayonnement de l'enseignement supérieur français. Pionnières dans l'enseignement supérieur français en matière d'internationalisation, de lien avec les entreprises, de professionnalisation des cursus ou encore d'offre de formation professionnelle, les business schools, par leur modèle économique et leur gouvernance, apparaissent depuis quelques années plus fragiles que leurs consœurs européennes, américaines et asiatiques. Ces champions de notre enseignement supérieur semblent atteindre les limites de leurs performances et leur avenir suscite des inquiétudes.

 

L'environnement des business schools est ainsi devenu très concurrentiel et leur attractivité se mesure désormais en grande partie à leur capacité à attirer les meilleurs étudiants et professeurs à l'échelle mondiale. Ce contexte remet en cause leur modèle classique de développement : des étudiants issus des classes préparatoires, socialement peu divers, un développement à distance de l'État mais sous la tutelle des CCI pour de nombreuses écoles, sans véritable insertion dans leur tissu universitaire proche.

 

La question de la viabilité du modèle économique 

 

Depuis 2007, l'autonomisation des universités publiques et l'amélioration relative de leur niveau de financement interroge de façon globale l'avenir des grandes business schools françaises.

 

En effet, malgré une forte augmentation de leurs droits d'inscription, les marges de manœuvre financières des business schools françaises ne cessent de se réduire et mettent en péril leur ambition de rayonnement international.

 

Les incertitudes qui pèsent sur la pérennité de leur financement ont plusieurs fondements : baisse des ressources affectées aux CCI et issues de la taxe d'apprentissage, nécessité d'investir pour se maintenir dans la concurrence internationale, faiblesse relative des liens avec leur environnement socio-professionnel, absence de puissants réseaux d'anciens et d'une gouvernance internationale intégrant ces réseaux.

 

Un écosystème à repenser dans la compétition internationale

 

Les business schools françaises peuvent – et doivent – miser sur les nouvelles ressources potentielles qui s'offrent à elles. Mais, comment maintenir leur avance dans le champ du master in management, trouver un nouveau souffle au niveau MBA et surtout inventer les programmes du XXIème siècle ?

 

Il ne fait aucun doute que les business schools doivent investir massivement dans la « révolution numérique » si elles veulent maîtriser les profonds bouleversements qui s'annoncent dans les pratiques pédagogiques, développer de nouvelles ressources et inventer un business model viable pour les prochaines décennies.

 

Pour l'Institut Montaigne, les business schools incarnent un modèle à réinventer. Et de proposer de :

 

-  Sécuriser le financement des business schools en permettant des levées de fond de grande ampleur et une évolution du droit de tester.

 

-  Miser sur le numérique pour faire évoluer le modèle économique des business schools. Les cours des meilleurs professeurs mondiaux seront demain à la portée de tous – via les MOOCs. Les MOOCs sont pour l'instant suivis pour 50 % des inscrits par des actifs. Ils représentent donc également un moyen de développer rapidement la formation continue.

 

- Faire des business schools des opérateurs d'excellence de la formation continue. Déjà présentes sur ce marché, les business schools doivent pouvoir y renforcer leur implantation. Un encouragement au rapprochement entre universités et écoles pourrait y contribuer.

 

-  Mettre en place une gouvernance représentative des acteurs du financement et de l'écosystème de chaque école. Nos champions français ouvriront leur gouvernance aux co-financeurs de demain : alumni, entreprises nationales et internationales, collectivités locales, représentation académique internationale, etc. Le retard de ces écoles quant à la loi Copé-Zimmermann (40 % de femmes dans les conseils d'administration) devrait aussi engager des mesures permettant la féminisation des conseils d'administration des business schools. La qualité de la gouvernance et son degré d'indépendance devraient faire partie des éléments d'évaluation des établissements, voire conditionner certaines aides publiques.

 

- Encourager des regroupements universités-business schools pour créer des pôles compétitifs à l'échelle internationale. L'État doit revenir à sa mission de stratège et poser les conditions d'une synergie entre les trois composantes de l'activité académique en gestion, management et entrepreneuriat.

 

- Moduler les droits de scolarité pour une vraie mixité sociale. Les business schools peuvent être des outils de démocratisation et d'ascension sociale. À ce titre, l'État pourrait participer davantage à leur financement contre l'engagement d'une plus grande ouverture aux boursiers.

 

- Faire des business schools les pionnières en France d'une filière de bachelor d'excellence. Fidèles à leur tradition de recrutement exigeant, elles pourraient puiser en France dans les filières intensives qui se développent de plus en plus à l'université.

 

- Faire encore davantage des business schools une force motrice pour l'entrepreneuriat. En plus de l'émergence d'une filière doctorale modernisée et de la création d'incubateurs et de fonds d'amorçage au sein des écoles, la reconnaissance de la création d'entreprises par les étudiants et les diplômés d'une école est un critère qui devrait rapidement entrer dans les rankings.

 

- Initier une stratégie de développement en Afrique. L'Afrique est aujourd'hui l'un des moteurs de l'économie mondiale et la France y dispose d'avantages comparatifs sans pareil. Les business schools doivent jouer collectif pour s'ancrer durablement sur le continent. Alors que les entreprises ont besoin de cadres formés aux problématiques africaines, la France pourrait lancer un appel d'offre international pour ouvrir un ou deux centres d'excellence en Afrique francophone et anglophone. Il serait ouvert à des écoles françaises et internationales, permettant des partenariats innovants. 

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Joel)

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Editeur : eyrolles

Genre : anglais enseignement superieur

Langue : français

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