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De nouvelles garanties pour les professeurs documentalistes ?

Le ministère s’engage dans cette voie.

Publié le 12/07/2016 à 02:13
La réforme du collège va entraîner de multiples bouleversements dans l’organisation des établissements du secondaire dès la rentrée prochaine. Et les professeurs documentalistes ne vont pas être épargnés par ces perturbations.
 
C’est dans ce cadre que s’est tenu le 5 juillet dernier une réunion au ministère de l’Education nationale afin de mieux définir les conditions d’intervention des professeurs documentalistes. Le directeur de cabinet de la ministre, Bernard Lejeune, a présidé cette première réunion du groupe de travail « professeurs documentalistes ». Participaient aussi à ce groupe de travail, la DGESCO, la DGRH, l’Inspection Générale établissements et vie scolaire et les organisations représentatives des personnels concernés par le dossier (syndicats d’enseignants et d’encadrement).

L’objectif  de ce cycle de réunions est d'arriver à l’actualisation de la circulaire de 1986 afin que les missions définies correspondent effectivement à la réalité de la pratique du métier dans les collèges et les lycées. Il s’agira de prendre en compte les nouveaux contextes d’exercice et le référentiel de compétences professionnelles de 2013. Concernant le calendrier, l’aboutissement des travaux est attendu avant la fin du premier trimestre 2017.

Le syndicat enseignant SNALC-FGAF dans un communiqué se félicite que les revendications qu'il porte depuis de nombreuses années concernant l'identité enseignante des professeurs documentalistes soient bientôt réaffirmées par le Ministère.
 
« En effet, à l'issue du groupe de travail sur les missions des professeurs documentalistes qui s'est tenu hier au Ministère, le SNALC a eu l'assurance que la future circulaire assurera le respect dans tous les établissements du second degré qu'une heure de cours dispensée par un professeur documentaliste soit bien décomptée pour deux heures de ses 30 heures de service.
 
Ce principe cher au SNALC, inscrit dans le décret du 20 août 2014, est actuellement injustement réfuté au motif que la discipline « documentation » n'apparaît pas dans la grille horaire des enseignements suite à la réforme du collège.
 
Cette nouvelle circulaire assurera un cadrage national fort qui empêchera les abus constatés dans certains établissements dans lesquels la règle n'est pas respectée. »

 
De son côté, l’Association des professeurs documentalistes de l’Education nationale (APDEN) précise dans un message adressé à ses adhérents :
 
« L’année scolaire s’achève sur une information importante pour la profession, avec l’annonce récente de l’engagement de discussions sur la rédaction d’une nouvelle circulaire de mission des professeurs documentalistes. Ce calendrier tardif peut générer une inquiétude légitime, sur un dossier majeur dont les organisations représentatives sont nombreuses à demander l’ouverture depuis des années.
 
Cette nouvelle représente un rendez-vous important pour espérer lever les incertitudes sur l’emploi de termes encore flous (en appui, maître d’œuvre...), mais aussi obtenir, enfin, des précisions sur l’application du décret ORS.
 
Au cœur d’une réflexion qu’il fallait engager, la question de l’enseignement est essentielle, que l’on envisage les contenus, qui relèvent de la culture de l’information et des médias avec notamment l’EMI en collège, ou les temps d’intervention pédagogique, pour lesquels la tendance actuelle est à limiter les heures en responsabilité pour les professeurs documentalistes. Elle l’est d’autant plus que le cabinet du Ministère a, lors de la récente audience accordée à l’A.P.D.E.N. [1], établi un lien entre la redéfinition nécessaire de nos missions, et la révision de notre statut.
 
Nous savons l’importance que peuvent revêtir ces questions pour chacune et chacun, et, au-delà d’une adhésion syndicale et/ou associative, nous vous savons gré des témoignages de sympathie et des prises de position qui viennent régulièrement soutenir la défense du métier sur les espaces d’échange internes à la profession.
 
Pourtant, cette implication reste trop fragile quand nos interlocuteurs institutionnels n’en évaluent l’ampleur qu’au travers de la représentativité des organisations. Aussi est-il primordial, alors que s’ouvre un débat d’idées important qui pourrait déboucher sur un texte nous engageant pour plusieurs dizaines d’années, que chacune et chacun saisisse la nécessité impérieuse de donner du poids à celles et ceux qui vont porter sa voix dans ces négociations, par un engagement concret. »

 
Dans un communiqué, le syndicat enseignant SE-Unsa s’est réjoui de l’ouverture de ce groupe de travail qu’il a demandé depuis plusieurs mois. « Il regrette qu’il soit trop tardif pour apporter les clarifications nécessaires quant à l’organisation et à la reconnaissance de la participation des professeurs-documentalistes dans l’accompagnement personnalisé et les enseignements pratiques interdisciplinaires au collège à la rentrée 2016. Sans vouloir supprimer une souplesse de mise en œuvre locale indispensable, un cadrage et quelques principes clairs auraient évité des situations de tension, voire des impasses pédagogiques.
 
Nous avons demandé que le ministère se saisisse des réformes en cours pour reconnaître le métier tel qu’il se pratique réellement. Pour nous le cœur du métier est bien l’accompagnement des élèves dans leur accès aux média et leur traitement de l’information, dans des projets disciplinaires, pluri- ou interdisciplinaires et dans les différents parcours éducatifs.
 
Nous souhaitons que les professeurs-documentalistes soient reconnus comme des professeurs à part entière mais aussi qu’ils soient reconnus pour leurs compétences spécifiques qu’ils mettent au service des élèves, des enseignants et de l’équipe de direction dans le cadre d’une politique documentaire co-construite.
 
Nous avons demandé que le GT ne s’arrête pas aux missions mais qu’il travaille également à des questions plus corporatives, comme la réduction des inégalités de traitement entre les collègues dans la gestion de leurs ORS et dans la façon de reconnaître les temps en face-à-face pédagogique. Par ailleurs, la création d'une indemnité équivalente à l’ISOE ne serait que justice.
 
Enfin, il est important que les professeur-documentalistes puissent participer au travail collectif et aux temps de formation en équipe dans les établissements. Pour ce faire, il faut bien sûr créer davantage de postes mais il faut aussi travailler à des organisations « intelligentes » qui permettent de ne pas priver les élèves d’accès au CDI tout en libérant les professeurs-documentalistes. De nombreux établissements proposent de  telles organisations, il serait souhaitable que le GT s’en inspire. »
 
La prochaine réunion est prévue à la fin du mois de septembre.

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Cellule communication)

extrait

Dès l'origine, le documentaliste a été porteur d'une responsabilité encore nouvelle dans le système éducatif français.Le vrai défi qui se présente à lui est maintenant de pouvoir irriguer la vie pédagogique de l'établissement.Ce livre devrait pouvoir l'y aider, et plus largement, aider les personnels de l'établissement à reconnaître sa véritable identité professionnelle.L'ouvrage a pour vocation :- de faire le point sur le statut ;- de proposer les conseils et les bonnes pratiques ;

Auteur : Leblond, Francoise; Moracchini, Charles; Pierrat, Brigitte (Auteur)

Traducteur :

Editeur : berger-levrault

Genre : carrieres et emplois

Langue : français

Date de parution : 05/04/2012

Total pages :