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Maîtrise de la langue : de plus en plus d’élèves au niveau moyen

Moins de très bons et de très mauvais selon les résultats du Cedre.

Publié le 11/07/2016 à 05:33
La Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) vient de dévoiler les résultats obtenus par les élèves concernant les compétences langagières et la littératie dans le cadre d’un nouveau cycle d’évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon (Cedre).
 
Mesuré en fin d’école primaire dans le cadre du cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon (Cedre), le niveau des acquis des élèves en maîtrise de la langue (compréhension de l’écrit et étude de la langue) reste stable depuis douze ans.
 
En revanche, la répartition des écoliers évolue. La proportion des élèves des groupes de haut et de bas niveaux diminue, au profit d’un accroissement des groupes intermédiaires. Les filles sont toujours plus performantes que les garçons et les écarts se creusent encore. De 2003 à 2015, les résultats des élèves scolarisés en éducation prioritaire progressent. L'étude porte sur des élèves entrés majoritairement en CP en septembre 2010.
 
Le niveau moyen des élèves n’évolue pas depuis la première évaluation en 2003. Ainsi, 60 % des élèves ont une maîtrise suffisante des compétences attendues en fin de scolarité primaire.

 

« Le score moyen obtenu par les élèves en maîtrise de la langue augmente en fonction du niveau social de leurs parents. L’écart de niveau entre les élèves scolarisés dans les écoles les plus favorisées socialement et ceux des écoles les plus défavorisées s’accroît de nouveau et avoisine les 30 points après la baisse observée en 2009.
 
En moyenne, les filles ont de meilleures performances que les garçons dans le domaine de la compréhension de l’écrit. En 2015, cet écart se creuse encore avec l’augmentation du nombre de garçons en difficulté face à l’écrit (groupes < 3). La différence entre les scores moyens des filles et ceux des garçons augmente de manière significative puisqu’elle passe de 6 à 14 points en faveur des filles entre 2003 et 2015.

 
 

Le score moyen de l’éducation prioritaire (EP) augmente de 12 points en douze ans, restant inférieur à celui du secteur public hors EP. Comme déjà observé en 2009, l’écart de performances entre l’éducation prioritaire (EP) et le public hors éducation prioritaire tend à se réduire en 2015, bien qu’il reste significatif. En 2003, cette différence était de 33 points ; en 2015, elle n’est plus que de 20 points, sans que la moyenne du public hors EP ne varie.
 
Les élèves du privé sont plus fortement représentés dans les groupes les plus performants (groupes 3, 4 et 5) : ils sont 70 %, contre 61,2 % dans le public hors EP. Cet écart augmente de près de 7 points entre 2003 et 2015. Toutefois, les différences observées entre le public hors EP et le privé sont à relativiser en raison de la structure sociale plus favorisée en moyenne dans le privé. »
De 2003 à 2015, les résultats des élèves scolarisés en éducation prioritaire progressent.
 
Dans le même temps, la DEEP a présenté les mêmes résultats pour le collège. Cette étude distingue différents niveaux de performances, depuis la maîtrise langagière qui permet de poursuivre une formation pour 85 % des élèves  jusqu’à une maîtrise très insuffisante pour 15 % des élèves. Les résultats confirment la forte influence de l’origine sociale sur les performances scolaires.

 

« Un peu plus d’un quart des élèves (groupes 4 et 5) ont un bon ou un excellent niveau de maîtrise des compétences langagières et de littératie attendues en fin de collège. Près de 60 % des élèves (groupes 2 et 3) ont un niveau de maîtrise qui devrait leur permettre de poursuivre une formation, même si la moitié d’entre eux doit encore progresser.
 
15 % des élèves (groupes 1 et < 1) s’avèrent n’avoir pratiquement aucune maîtrise ou une maîtrise réduite de ces compétences et sont en difficulté devant un texte complexe ou comprenant un vocabulaire peu courant. 3 % de l’ensemble sont en grande difficulté : s’ils peuvent répondre ponctuellement à quelques questions, ils ne maîtrisent quasiment aucune des compétences évaluées.

 
 

Les filles réalisent une performance de 6 points supérieure à celle des garçons. Ces derniers sont 17,5 % dans les groupes de faibles niveaux (groupes < 2) alors que seulement 12,6 % des filles sont dans ce cas. Les élèves en retard sont plus souvent en difficulté que les autres. Ces constats confirment ceux observés en compréhension de l’écrit tant dans les précédentes évaluations Cedre que dans l’évaluation internationale Pisa.
 
Les élèves de l’éducation prioritaire obtiennent un score moyen très inférieur à celui de l’ensemble des élèves et plus du quart d’entre eux appartiennent aux groupes de faible niveau contre 15 % pour l’ensemble de la population.
 
Les scores les plus élevés sont observés pour les élèves dont les familles sont les plus favorisées du point de vue socio-scolaire. Ces résultats restent donc fortement liés à l’origine sociale, confirmant ainsi les constats effectués depuis de nombreuses années, notamment sur les évaluations Cedre, Pisa et sur les panels d’élèves.
 »

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Allison Meier)
 

extrait

"Après avoir été longtemps considéré comme l un des meilleurs, le système éducatif français est maintenant critiqué. Les comparaisons avec les autres systèmes proposées par les médias ou les politiques sont souvent partielles, caricaturales et ne tiennent que peu compte des contextes historique, culturelle, ou sociétal. Cette étude est proposée par un enseignant " du terrain " qui a eu l occasion à de nombreuses reprises de s immerger dans plusieurs établissements étrangers."

Auteur : Jean Cassou (Auteur)

Traducteur :

Editeur : harmattan

Genre : essais de sociologie

Langue : français

Date de parution : 07/10/2015

Total pages :