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Réforme du collège : tous les établissements sont-ils prêts ?

Ce n’est pas le point de vue du syndicat FO.

Publié le 21/06/2016 à 04:44
La réforme du collège doit entrer en application dès septembre 2016, autant dire demain. Afin de préparer au mieux les équipes aux petits bouleversement générés par la mise en œuvre de cette réforme, des journées de formation ont été organisées tout au long de l’année dans toutes les académies.
 
Cependant, la contestation autour de cette réforme n’a jamais véritablement cessé, au point de causer parfois une certaine tension entre les formateurs et les professeurs. De nombreux syndicats enseignants continuent de marquer leur opposition à l’entrée en vigueur des nouveaux textes encadrant le fonctionnement du collège. Le syndicat FO reste dans la lutte, tout comme le SNES ou encore le SNALC.
 
Dans un communiqué, FO revient sur une année de formation présentée comme un échec présageant mal de la réussite de la réforme :
 
« Deux journées banalisées pour mettre en place la réforme: un aveu d’échec !
 
La ministre a annoncé sa volonté d’organiser deux journées « banalisées » début juillet pour mettre en place la réforme pour la rentrée. Comment ne pas y voir l’aveu que sa réforme n'est pas prête ? La ministre laisse aux principaux la responsabilité de les organiser ou non. Le SNFOLC n'en est pas demandeur !
 
Quelle est la situation à trois semaines des congés d’été ?
 
Le rapport de l’Inspection générale le reconnaissait dès avril. Cela se confirme, dans une grande partie des collèges, rien n’est organisé. Les formations-formatages, qui ont supprimé tant de journées de cours, ont cédé le pas à l’urgence de la période : la clôture des notes, les bulletins, l’orientation, les conseils de classe, les derniers cours pour préparer les élèves aux épreuves du Brevet.
 
Dans certains collèges, avoir mis des noms sur des EPI au terme d’une kyrielle de réunions n’a pas pour autant fabriqué des projets ni construit une organisation pédagogique. Il apparaît même que plus le détail en est connu moins il y a de noms dans les cases des tableaux…
 
Les difficultés d’organisations ne sont plus dissimulables
 
Car la répartition théorique de l’AP et des EPI ne tient pas lieu d’emplois du temps, ni d’organisation des services. Sans compter les compléments de service et les quotités de service qui continuent d’être modifiés. Sans parler de l’affectation des TZR et des contractuels fin août sur plusieurs établissements avec des organisations différentes…
 
Si bien que les fiches de vœux ne permettent bien souvent plus de formuler des préférences et personne n’a d’illusions : les emplois du temps vont entraîner un temps de présence maximal dans les collèges. Dans un tel contexte, les principaux  sont placés eux-mêmes devant une montagne de difficultés. Beaucoup hésitent à parler des réunions, des concertations, des formations qu’il faudra prévoir en plus des cours.
 
Les personnels, au terme d’une année éprouvante et d’un calendrier scolaire aberrant sont tous dans un état d’épuisement rarement atteint. La volonté d’imposer une réforme largement rejetée et la désorganisation des emplois du temps entraînée par les formations-formatages ont dégradé le climat au sein des collèges.
 
Dans ce contexte, le discours sur l’interdisciplinarité comme remède à tout ne passe pas. L’abandon des dispositifs pédagogiques, qui avaient fait leurs preuves, ne passe pas. Les discours simplificateurs du type « cela ne change rien, vous le faites déjà » a fait long feu. Pour les collègues, cette réforme signifie refaire les cours et les progressions pédagogiques de 4 niveaux d’un bloc, sans disposer de manuels pour les trois quarts des disciplines.
 
Elle signifie l’affaiblissement des contenus disciplinaires et la perte d’heures de cours ; un alourdissement insupportable de la charge de travail, la réunionite et la disparition programmée de certaines disciplines, la perspective de devoir payer pour la garde de leurs enfants pendant qu’ils resteront au collège après leurs cours pour coordonner les enseignements pratiques interdisciplinaires de leurs élèves…
 
Ce ne sont donc pas deux journées qui feront changer d’avis les collègues
 
Le SNFOLC les invite à y rappeler leur exigence d’abrogation de la réforme, à rappeler que la responsabilité de l’échec de cette réforme est à chercher du côté de la ministre qui refuse d’entendre le rejet majoritaire de cette réforme par les personnels et leurs syndicats. Dans l’éducation nationale, cette réforme suit la même logique que la loi El Khomri. Toutes les deux doivent être retirées, maintenant !
 »

(Crédits photos : CC BY 2.0 - MIKI Yoshihito)
auteur

   

extrait

La réforme du collège intervient dans un contexte social très âpre d'inégalité économique et patrimoniale. Or celle-ci, au prétexte de la " démocratie ", pourrait bien se présenter comme un mirage, un leurre, un appât qui aurait pour fonction de faire accepter à l'ensemble du corps social, mais surtout à ceux de l'hémi-France d'en bas la part d'injustice nécessaire à la fiction égalitaire de la grande machine parlementaire sociale-libérale. L'inégalité scolaire n'est pas un problème susceptible d'être traité à part

Auteur : Émile Jalley (Auteur)

Traducteur :

Editeur : harmattan

Genre : pamphlets politiques, faits de societe, actualite, temoignages, biographies

Langue : français

Date de parution : 22/09/2015

Total pages :