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Vers une radicalisation de la lutte contre la réforme du collège ?

Des appels à une opposition ferme se multiplient.

Publié le 18/02/2016 à 10:06
Après plusieurs jours de grève qui n’ont pas fait bouger le ministère concernant la réforme du collège qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2016, la lutte engagée par les opposants à ce texte pourrait être en passe de se radicaliser.
 
Dans un communiqué commun, l’intersyndicale qui réunit les opposants à cette réforme s’adresse directement aux personnels qui sont élus au conseil d’administration des établissements scolaires.
 
« L’intersyndicale réaffirme sa détermination à obtenir l’abrogation de la réforme du collège, à bloquer sa mise en œuvre à la rentrée 2016 et appelle l’ensemble des collègues à poursuivre la lutte. Elle soutient toutes les initiatives décidées collectivement dans les établissements en lien avec les organisations syndicales de l’intersyndicale (reconduction de la grève, assemblées générales, heures d’information syndicale, refus collectif des formations à la réforme, refus des DGH qui entérineraient les dispositifs de college2016, initiatives communes avec les parents d’élèves…).
 
Elle appelle dès maintenant les personnels et leurs élus à chercher le soutien des parents en CA, à faire adopter des motions exigeant l’abrogation de la réforme collège 2016 et à demander audience aux rectorats au sujet de l’aggravation des conditions de travail et l’augmentation des inégalités entre élèves générées par la réforme. L’intersyndicale relaiera et médiatisera ces demandes d’audiences. Elle se réunira à nouveau le 23 février. »

 
De son côté, le syndicat enseignant SNALC affirme qu’il « se battra jusqu’au bout ». Dans un communiqué daté du 17 février, le SNALC précise avoir décidé « de déposer un préavis de grève du 15 juin au 5 juillet afin de perturber le bon déroulement du bac et du DNB 2016.
 
Les trois quarts des nombreux collègues consultés par internet sont en effet désireux de durcir le mouvement et favorables, afin de pénaliser le moins possible les élèves et au maximum l’Institution, au boycott de la surveillance des épreuves du bac et de la correction de celles du brevet pour protester contre la réforme du collège, qui ne manquera pas de dégrader encore davantage le lycée.
 
Par ailleurs, le SNALC-FGAF n’exclut pas de s’associer également à toute initiative de l’intersyndicale hostile à la réforme du collège qui lui semblerait répondre aux attentes des collègues. Prenant en compte les suggestions des nombreux collègues qu’il a consultés, il ne s’interdit pas non plus d’organiser, localement et nationalement, des opérations coups de poing (distributions de tracts, blocages des routes, des DSDEN, des rectorats, par des sit-in ou l’occupation des locaux, par exemple) visant à dénoncer auprès du public le plus large possible les conséquences néfastes de cette réforme censée s’appliquer dans l’urgence à la prochaine rentrée.
 
Dans cette perspective, le SNALC-FGAF invite d’ores et déjà ses adhérents et sympathisants à participer aux manifestations organisées le dimanche 13 mars prochain par le Collectif Condorcet rassemblant les enseignants hostiles à la réforme et des parents en désaccord avec les positions prises par les fédérations censées les représenter. »

 
La lutte continue d’enflammer les réseaux sociaux et les débats virent parfois à l’échange d’insultes. Sur Twitter, les leaders syndicaux des deux camps sont loin d'être dans une dynamique d'apaisement et la reprise ironique de tweets du camp adverse habilement commentés devient monnaie courante. 

Ce climat électrique sur la toile se retrouve dans de nombreuses journées de formation où des voix s’élèvent pour faire entendre leur opposition à cette réforme du collège. L’administration recadre parfois assez durement ces écarts par rapport aux impératifs dictés par la hiérarchie pédagogique.

(Crédits photos : CC BY 2.0 - Thomas Claveirole)
 

extrait

La réforme du collège intervient dans un contexte social très âpre d'inégalité économique et patrimoniale. Or celle-ci, au prétexte de la " démocratie ", pourrait bien se présenter comme un mirage, un leurre, un appât qui aurait pour fonction de faire accepter à l'ensemble du corps social, mais surtout à ceux de l'hémi-France d'en bas la part d'injustice nécessaire à la fiction égalitaire de la grande machine parlementaire sociale-libérale. L'inégalité scolaire n'est pas un problème susceptible d'être traité à part

Auteur : Émile Jalley (Auteur)

Traducteur :

Editeur : harmattan

Genre : pamphlets politiques, faits de societe, actualite, temoignages, biographies

Langue : français

Date de parution : 22/09/2015

Total pages :