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Quand la physique rencontre l’entreprenariat

Retour sur la 2nde édition du Forum IncubAlliance.

Publié le 17/12/2015 à 01:21
Organiser un colloque autour du sujet Physique & entrepreneuriat = création de valeur... Le pari était risqué... IncubAlliance et la SATT Paris-Saclay l'on relevé ! Près de 350 personnes qui ont participé à ce 2nd Forum IncubAlliance-SATT le 4 novembre dernier, pour en savoir plus sur cette étrange équation. 

Au coeur des échanges : les témoignages de dirigeants de startup passées pour la plupart chez IncubAlliance. Trois d'entre eux témoignent : François Sylla, co-fondateur de SourceLab Mathieu Carras, fondateur de mirSense Stéphane Pannetrat, directeur général d'Art-Fi. Retour avec eux sur les principales leçons tirées de leur expérience. 

En quelques mots, pouvez-vous revenir sur votre parcours et nous présenter votre société ?

François Sylla - SourceLab Ingénieur de l'ESPCI, j'ai consacré une thèse au développement d'un composant d'accélérateur laser-plasma. Une fois ce composant breveté, j'ai réalisé qu'il était en mesure de répondre à de nombreux besoins. C'est de ce constat qu'est née Sourcelab, qui développe et commercialise des sources de particules et de rayonnement via un système d'interaction laser-plasma. Aujourd'hui,SourceLab adresse différents types de marchés : le marché de la recherche scientifique en physique fondamentale ; le marché industriel du contrôle non destructif ; le marché médical.

Mathieu Carras - mirSense : Après 10 ans de carrière comme chercheur et ingénieur en R&D, un concours de circonstances a voulu que mon développement technologique - alors que je travaillais chez Thalès -réponde à un besoin marché et présente de forts avantages concurrentiels. Habité depuis longtemps par l'envie de créer une entreprise, j'ai immédiatement saisi cette opportunité et créé mirSense. Avec cette société, notre ambition est de démocratiser l'utilisation des lasers dans le domaine de l'analyse chimique. Nous développons donc des capteurs compacts temps réel et de faible coût pour répondre à ce besoin.

Stéphane Pannetrat - Art-Fi : Tout a commencé chez Sagem Mobiles - où je me suis spécialisé dans les mesures de champs électromagnétiques - par la rencontre avec mon associé. En travaillant ensemble, nous avons fait le constat d'un décalage entre l'offre proposée par les fournisseurs de systèmes de mesure d'exposition et le besoin des industriels. Nous avons alors créé ensemble Art-Fi, une société qui commercialise un instrument de mesure innovant de l'exposition des personnes aux ondes électromagnétiques émis par des équipements télécoms sans fil.

Que vous a apporté votre passage chez IncubAlliance ?
                                                           
François Sylla - SourceLab L'incubation m'a apporté deux choses très importantes : me poser les bonnes questions, notamment en termes de financement, pour assurer la viabilité de ma société ; me confronter à d'autres entrepreneurs à des étapes plus ou moins avancées de leur projet et ainsi parvenir à construire ma propre vision et ma propre méthodologie.
 
Mathieu Carras - mirSense : Ce temps d'incubation a été crucial. Lorsque j'ai sauté le pas de la création d'entreprise, je pensais en effet savoir ce qu'était être entrepreneur. Or c'est uniquement en me confrontant aux autres incubés et en assistant aux formations dispensées à IncubAlliance que j'ai fait cet apprentissage. L'incubation m'a vraiment permis de « mâturer » le concept d'entrepreneuriat et dechanger, non seulement d'environnement, mais aussi de mentalité.
 
Stéphane Pannetrat - Art-Fi : Mon passage chez IncubAlliance m'a permis de mieux comprendre l'écosystème de la création d'entreprise à la française, d'identifier les différents intervenants du domaine et surtout d'articuler progressivement des techniques de financement. Nous avons également pu bénéficier pendant notre incubation de l'excellent cursus de formations très opérationnelles proposé parIncubAlliance.

Quels conseils donneriez-vous à un chercheur tenté par la création d'entreprise ?
 
François Sylla - SourceLab Tout d'abord de se demander à qui pourrait servir le travail qu'il est en train de faire. Comme la recherche, l'aventure entrepreneuriale est une démarche de création. Mais, contrairement à la recherche, elle s'adresse à des secteurs très variés de la société. Par ailleurs, d'un point de vue pratique, je lui conseillerai de ne pas rester seul et de se rapprocher très vite de structures d'accompagnement, telles que les cellules de valorisation qui font le relais vers les incubateurs.
 
Mathieu Carras - mirSense : D'être certain d'avoir une appétence forte pour ce type d'aventure car, de la recherche à l'entreprise, le changement de culture est radical. Il est par ailleurs essentiel de s'entourerde structures professionnelles qui, à l'image d'IncubAlliance, permettent à des chercheurs d'entrer dans le monde de l'entrepreneuriat, en en comprenant les mécanismes et en en assimilant les besoins.
 
Stéphane Pannetrat - Art-Fi : De faire preuve de beaucoup de persévérance et de ne pas sous estimer l'importance fondamentale de la constitution de l'équipe et de la motivation de celle-ci pour pouvoir passer les moments les plus difficiles. Aussi innovante soit-elle, une entreprise ne décollera pas sans une équipe solide.

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - µµ)