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Le Conseil supérieur de l’éducation valide les nouveaux textes sur l’évaluation

Le décret entrera en vigueur à la rentrée 2016.

Publié le 19/10/2015 à 08:33
Après une grande et longue conférence nationale sur l’évaluation, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) s’est penché vendredi 16 octobre 2015 sur les nouveaux textes qui entreront en application à la rentrée 2016. S’il s’était prononcé contre les futurs programmes, le CSE a été plus clément face à l’évaluation nouvelle formule.
 
Mais il faut dire aussi qu’après de longs mois d’échange, il n’y avait pas de grands changements sur la table, le ministère ayant fait marche arrière sur la suppression de la notation chiffrée. Les enseignants seront donc à peu près libres d’utiliser le système qui leur paraîtra le plus approprié.

Le texte proposé au vote du CSE instaure un bulletin numérique unique du CP à la troisième et des bilans de compétences en CE2, 6e et 3e. Mais, le changement le plus important concerne le brevet. Si l’on avait parlé de suppression, en définitive, ce premier examen revient sur le devant de la scène.
 
Le syndicat enseignant Sgen-CFDT a émis un vote favorable sur l'arrêté créant un nouveau diplôme national du brevet (DNB), après des débats au CSE qui ont conduit le ministère à revoir sa copie initiale. Dans un communiqué, le Sgen-CFDT précise sa position.
 
« La nouvelle mouture du DNB maintient des épreuves terminales qui font du brevet une sorte de ‘petit bac’ et laisse encore trop de place au bachotage en classe de troisième, ce qui est contradictoire avec la logique des cycles et même nuisible à la qualité des apprentissages.
 
Pour autant, le Sgen-CFDT est parvenu à convaincre le ministère de modifier les scores attribués aux différents niveaux de maîtrise du socle comptant pour le contrôle continu.

En augmentant le score du niveau ‘maîtrise fragile’, un élève ayant ce niveau dans l'ensemble des domaines et composantes conserve une chance d'obtenir son DNB en atteignant la moyenne dans les épreuves terminales.

De même, l'augmentation du score du niveau « maîtrise satisfaisante » met un élève ayant ce niveau dans tous les domaines et composantes en position d'obtenir son DNB même avec une mauvaise performance le jour des épreuves terminales. Les élèves ne pâtiront donc pas trop de l'obsession des adultes pour le rituel de l'examen.

Cette nouvelle version du DNB rend aussi possible une scolarité du socle sans note. Les équipes des collèges qui se sont déjà engagées dans cette voie n'auront plus une surcharge de travail pour convertir leurs évaluations en données chiffrées.

Le Sgen-CFDT compte sur la mise en pratique de ce nouveau DNB pour convaincre définitivement le ministère et l'opinion de l'inutilité de maintenir des épreuves terminales et de la nécessité de se concentrer sur l'apprentissage et la validation du socle. »

 
En revanche, du côté du syndicat enseignant SNALC, ce n’est pas le même son de cloche. Dans une lettre adressée à la ministre, le ton se fait sarcastique.
 
« Vos réformes sont magnifiques. Elles sont formidablement bien articulées les unes aux autres. Elles composent un tout parfaitement cohérent. Pour un peu, on dirait une oeuvre d'art.
 
Le souci, Madame la Ministre, c'est que cet ensemble n'est splendide que sur le papier. Mais les collègues que nous représentons vivent dans le monde réel, un monde de chair et de sang, en trois dimensions, et non dans le monde plat de vos décrets et arrêtés.
 
Dans votre monde, la réforme du collège résout tous les problèmes, propose du latin pour tous, invite à une interdisciplinarité joyeuse et à un accompagnement au plus près des besoins de chacun. Dans le nôtre, elle accroît les inégalités, propose moins de latin (voire pas de latin du tout), contraint à mettre en œuvre des projets tellement encadrés et corsetés qu'ils en deviennent bureaucratiques, et impose de l'accompagnement en classe entière en lieu et place des heures d'enseignement.
 
Dans votre monde, les programmes de cycle permettent à chaque élève de progresser à son rythme, guidé sur de multiples parcours pleins d'ambition. Dans le nôtre, ils sont un atroce casse-tête, un mille-feuilles sur lequel on a rajouté tellement de couches qu'il est en train de s'affaisser sous son propre poids. Et leur mise en place simultanée l'an prochain donne des envies d'aller voir ailleurs s'il existe des métiers où l'on traite mieux les gens.
 
Dans votre monde, la réforme de l'évaluation donne confiance aux élèves, leur fait surmonter leurs échecs et acquérir un socle commun de près de 200 compétences différentes, ce que ne permettait jusqu'alors pas la méchante « notation-sanction », appliquée au fer rouge par des bourreaux sadiques.
 
Dans le nôtre, elle constitue un double travail dont l'intérêt pour chacun — collègues, élèves, parents — est nul.
 
Madame la Ministre, nous comprenons l'envie de réformer l'ensemble du système qui vous anime. Nous comprenons moins de ne pas retrouver dans les textes que l'on nous présente les annonces que vous faites dans les médias, mais c'est sûrement un détail. Nous tenons simplement à vous signaler qu'avant d'accélérer, il faut regarder où l'on va. Or, présentement, on va dans le mur, et ce dernier se rapproche à très grande vitesse. »  


(Crédits photos : CC BY 2.0 - fractured-fairytales)
auteur

   

extrait

Cet ouvrage s'appuie sur une méthode singulière qui permet à la fois :- une approche systémique, - un nécessaire travail en miroir sur l'évaluation : de l'évaluation en classe l'évaluation des enseignements l'évaluation des EPLE - de privilégier l'entrée par les processus innovants, notamment autour de l'auto- évaluation.A partir de l'analyse du contexte et des recherches en cours, du cadre réglementaire et de l'étude de cas pratiques, une démarche en trois temps est proposée.

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Genre : pedagogie pour l'enseignement, concours professorat

Langue : français

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