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Les nouveaux programmes dénaturés par Najat Vallaud-Belkacem ?

C’est la position du SNUiPP, principal syndical enseignant du primaire.

Publié le 22/09/2015 à 12:01

En présentant les nouveaux programmes du primaire comme une forme de retour à l’enseignement des fondamentaux, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem aurait un peu forcé le trait. Rappelons que c’était déjà ainsi qu’avaient été présentés les programmes de 2008…

 

Mais, pour le SNUipp, principal syndicat enseignant du primaire, le coup de « la pratique d’une dictée quotidienne » s’apparente à « une interprétation très personnelle des nouveaux programmes de nature à jeter le trouble sur le travail des enseignants. »

 

C’est dans une lettre adressée à la ministre que le secrétaire général du SNUipp prend clairement position. « Nous sommes d'autant plus surpris que les contenus d'enseignement proposés par le Conseil supérieur des programmes comportent de nombreux points intéressants que vous avez complètement passés sous silence.

 

De tout temps, les programmes ont insisté sur l'importance de la maîtrise de la langue, de la lecture, de l'écriture et du calcul. Au quotidien, les enseignants ne s'y trompent pas puisqu'ils consacrent beaucoup de temps et d'énergie à ces apprentissages avec rigueur et professionnalisme. Une fois de plus, les nouveaux programmes de 2016 n'échappent pas à cette règle.

 

Mais, contrairement à ce que vous affirmez, il n'est pas demandé aux enseignants de faire pratiquer la dictée tous les jours. Les programmes évoquent des "activités diverses" pour "résoudre les problèmes orthographiques" qui peuvent comprendre "des dictées courtes sous une variété de formes (…) et pratiquées de manière rituelle ".

 

Comme vous le voyez, Madame la Ministre, les indications de ces nouveaux programmes sont beaucoup moins injonctives que vos déclarations. Elles laissent la place à l'autonomie pédagogique des enseignants du primaire dont vous faites la promotion pour ceux du second degré. Il serait bon que les enseignants du primaire soient considérés de la même manière sans être infantilisés.

 

Les enseignants savent bien évidemment que les élèves ont besoin de s'entraîner à travers des exercices d'automatisation, un peu comme lorsqu'on fait des gammes au piano. Mais cela ne saurait suffire. Ils ont besoin de réfléchir, de découvrir, de manipuler, et de comprendre. Pour cela, les élèves ont besoin de pratiquer de manière régulière des activités variées élaborées librement par les enseignants.

 

Ces nouveaux programmes insistent surtout sur l'importance du raisonnement et de la compréhension dans l'apprentissage de l'orthographe, mais aussi du calcul et de la lecture. Il ne s'agit pas de former des élèves qui utilisent des recettes sans comprendre. Pour bien apprendre, les élèves ont besoin de bien comprendre.

 

Nous retrouvons cette logique à travers toutes les matières (EPS, arts, sciences, histoire, géographie…) qui composent l'ensemble de ces nouveaux programmes et qui sont indispensables au développement global des élèves. Il est tout à fait regrettable que vous n'ayez pas expliqué à l'opinion publique et notamment aux parents cette dimension des nouveaux programmes.

 

Elle concerne pourtant le travail quotidien des enseignants dans leur classe avec leurs élèves. Nous refusons que l'école soit l'instrument d'un ‘coup politique’ comme l'évoque la presse à propos de votre annonce. Les élèves comme leurs enseignants ont besoin de travailler dans la sérénité et dans la confiance. En conséquence, nous vous demandons d'apporter les clarifications indispensables sur les contenus des nouveaux programmes et de mettre fin aux malentendus actuels. »

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - alamosbasement)

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Genre : livre scolaire : histoire / géographie

Langue : français

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