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Pour le SNUipp, le gouvernement peut mieux faire pour le primaire

Une conférence de rentrée marquée par une forme de déception.

Publié le 25/08/2015 à 12:02

Ce lundi 24 août 2015, le SNUipp, principal syndicat enseignant du primaire, tenait sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Et, au menu du jour, une forme de déception. Entre les engagements de François Hollande en 2012 et le résultat trois ans après, le primaire manque toujours des moyens nécessaires pour assurer la réussite de tous.

 

La volonté de faire du primaire une priorité au sein du ministère de l’Education nationale peine à se concrétiser. De plus, selon le SNUipp, « le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement public du premier degré continue d’augmenter, en lien direct avec l’augmentation du nombre de naissances depuis 2000. A la rentrée 2015, l’enseignement public du premier degré scolarisera 25 400 élèves supplémentaires. » Et, entre 2007 et 2013, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés dans le public a bondi de près de 20 %.

 

Malgré la volonté de scolariser les enfants de moins de trois ans, dans les faits, les résultats sont médiocres. « Depuis la rentrée 2000, année au cours de laquelle le plus grand nombre d’élèves de moins de 3 ans avaient été scolarisés soit 34,7%, le taux de scolarisation des élèves de moins de 3 ans a baissé de près de 23 points. De 218 562 élèves de moins de 3 ans scolarisés en 2001, ils ne sont plus que 74 212 à être scolarisés dans le public en 2014/2015 (sur 813 979 enfants âgés de moins de 3 ans). »

 

Mais le problème principal est celui du nombre de postes d’enseignants. Si depuis 2012, on assister à une augmentation, comme s’y était engagé François Hollande, ce mouvement n’arrive pas à suivre la hausse du nombre d’élèves scolarisés.

 

Malgré les engagements répétés de la ministre de l’Education nationale, la formation continue peine aussi à trouver sa place pour les enseignants du primaire, un problème que rencontrent également les professeurs du second degré. La Cour des comptes, dans un rapport paru en avril 2015, dressait un constat très accablant de la situation. « Les enseignants français, avec environ deux jours et demi, bénéficient de bien moins de jours de formation que leurs homologues étrangers : la moyenne est de huit jours dans les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2013.» De plus, il s’agit souvent d’ « une formation continue très faible, sans lien étroit avec les besoins concrets exprimés par les enseignants. »

 

 

Selon le SNUipp, pour la rentrée 2015, 2511 postes supplémentaires ont été créés. « Premier constat, avec les opérations de réajustement de rentrée, ne seront ouvertes au mieux, que 464 classes de plus pour 25 400 élèves de plus : soit une classe ouverte pour 55 élèves supplémentaires. Le nombre d’élèves par classe augmentera donc, automatiquement. »

 

 

« Alors que la pression s’exerce au quotidien dans les écoles et que la formation continue pâtit du manque de remplaçants, seuls 331 nouveaux postes de remplaçants seront implantés à la rentrée (783 à la rentrée 2014), laissant craindre le pire sur la continuité et la qualité du service public d’éducation. Il manque 1779 postes pour retrouver le niveau de la rentrée 2007. »

 

L’organisation syndicale relève également que « depuis la rentrée 2012, il y a eu au total 2 611 postes de titulaires et 12 011 postes de stagiaires créés. Les stagiaires effectuant la moitié de leur service en classe, les moyens d’enseignement dégagé sont de 6 005, ce qui porte la totalité des moyens d’enseignement supplémentaires créés par le gouvernement actuel à 8 914 (y compris les mesures diverses).

 

Il reste donc près de 500 postes de stagiaires et 11 000 postes de titulaires à créer lors des deux prochaines rentrées pour atteindre les engagements. . Pour rappel, sous la mandature de Nicolas Sarkozy, près de 19 000 suppressions de postes ont été effectuées dans le premier degré bien que les effectifs élèves aient augmenté de 22 000 sur la même période. »

 

La première conséquence concrète de cette situation, c’est le nombre de classes chargées. « Si le nombre moyen d’élèves par classe est de 25,8 en maternelle et de 22,9 en élémentaire, la taille des classes est loin d’être homogène sur l’ensemble du territoire. Près de 9% des classes maternelles (soit 7 700 classes) sont ainsi à plus de 30 élèves et plus d’une classe sur deux dépasse l’effectif de 25 élèves. Ces moyennes françaises sont très élevées comparé à de nombreux pays de l’OCDE (voir page suivante : étude comparative européenne) ». Depuis 2000, dans la majorité des pays de l’OCDE, la taille moyenne des classes a diminué hormis dans six pays, dont la France.

 

Pour faire simple, « il faudrait créer 24 500 classes supplémentaires pour rejoindre le Portugal ou 44 000 pour rejoindre la moyenne finlandaise. Se limiter à atteindre la moyenne de l’OCDE nécessiterait l’ouverture de plus de 16 000 classes, celle de l’Union européenne près de 37 000. »

 

Pour noircir encore le tableau du primaire, il suffit de jeter un œil sur les salaires. Là aussi, les enseignants sont plutôt mal lotis. « Les professeurs des écoles du premier degré ont une rémunération toujours inférieure à celle des professeurs certifiés du second degré. Ainsi, ils perçoivent en moyenne 349 euros de moins par mois et la création d'une indemnité annuelle pour les enseignants du premier degré (ISAE) ne suffit pas à compenser cette différence. »

 

Entre les coûts liés à l’obligation de se déplacer une cinquième fois durant la semaine (et, quand on a des enfants, des frais de garde qui s'ajoutent), l’augmentation des cotisations retraites et un gel du point d’indice depuis 2010, la baisse du pouvoir d’achat des enseignants du primaire se chiffre en dizaine voire centaine d’euros par mois pour certains. Plutôt certaines d'ailleurs car selon les données du SNUipp, 81,4 % des enseignants au primaire sont des femmes, contre 58,3 % dans le secondaire, et 35,1 % dans le supérieur...

 

(Crédits photos : CC BY 2.0 - woodleywonderworks)

extrait

L'ouvrage aborde le sujet de l'école primaire, moment fort dans la vie des enfants et des parents. Il répond à 16 questions d'enfants :1 .Comment se passe la rentrée des classes ?2 .Est-ce que je peux me perdre dans ma nouvelle école ?3 .Est-ce que le maître habite l'école ?4 .Que fait-on à l'école ?5 .A quoi ça sert, l'école ?6 .Pourquoi ma maîtresse me gronde-t-elle ?7 .Ça sert à quoi, les notes ?8 .Est-ce qu'on se fait beaucoup de copains à l'école ?

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Genre : documentaire jeunesse encyclopedies et dictionnaires

Langue : français

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